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Vous n’en avez pas marre de l’affaire Cahuzac ?

April 9, 2013 Category :ACTU| HUMEURS Off

La complainte de madame Cahuzac

 

Après monsieur de Cahuzac

Bêt’ment surpris la main dans l’sac,

Ce fut au tour de son épouse

De faire parler d’elle dans les niouzes.CAHUZAC PINOCCHIO

Elle aussi, nous apprit la Presse,

Au fisc brûlait la politesse,

En détournant sur un compte suisse

De très illicites bénéfices…

Toujours payés en numéraire,

Les Cahuzac étaient prospères,

Pratiquant l’implant capillaire,

Dont ils étaient devenus experts.

Mais leur amour battait de l’aile,

Ressentiment, aigreur et fiel,

Quand le divorce fut consommé,

Chacun partit de son côté.

Que cette histoire serve de leçon

Aux femmes soucieuses de leur pognon :

Ouvrir un compte  à l’étranger,

C’est prudent quand on est marié.

A MOI COMPTE

La fouine et l’intendant

Le bon monsieur de Cahuzac

En sa clinique chic et chère

Pratiquait l’implant capillaire.

Et gagnait des millions au black.

Pour soustraire son argent au fisc

Il se rendit un jour en Suisse,

C’était dit-on sûr et sans risques,

À la clé, de gros bénéfices.

Entre temps nommé intendant

Des finances, par le Président,

Il exerça son ministère

Sans barguigner, d’une main de fer.

Mais un journaliste, une fouine,

Sans se fier à sa bonne mine,

Creusa, chercha et découvrit

Le compte caché en Helvétie…

Moralité :

Vous qu’infligez au contribuable

Autant d’impôts que de leçons,

Prenez garde d’être irréprochables

Sinon gare au r’tour de bâton !

 

© colin thibert

© colin thibert

CAHUZAC

CAHUZAC

CAHUZ 1

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UN FAIT DIVERS

April 1, 2013 Category :ACTU| NATURE Off

FAIT DIVERS AVEC ANIMAL

Le 30 mars 2013, un individu armé d’une tronçonneuse a tranché une défense au squelette d’éléphant du Museum d’Histoire Naturelle. (C’est absolument véridique)

Voici la plaidoirie que je suggère à son avocat.

Le drame qui nous réunit aujourd’hui dans ce tribunal, est imputable à la mère de mon client, aujourd’hui décédée. En privant son enfant de la tendresse à laquelle il avait droit, comme tout un chacun, elle l’a poussé sur le banc des prévenus ! Oui, monsieur le Président, j’accuse cette femme de n’avoir pas accompli son devoir de mère en refusant systématiquement à son fils, mon client, de lui acheter les albums de Babar, ou même une peluche du susnommé. Plus tard, en dépit de ses supplications, jamais elle ne l’a emmené au zoo ! Il aurait pu se contenter des documentaires animaliers de la télévision, me direz-vous, mais cette mère indigne préférait boire ses allocations plutôt que de payer sa redevance.

Aussi, lorsque mon client, entré par hasard au Museum d’Histoire Naturelle, s’est trouvé devant le squelette de l’éléphant, son sang n’a fait qu’un tour, il a vu rouge et, se remémorant sa triste jeunesse privée d’éléphants, il a tranché d’un coup de tronçonneuse vengeur la défense qui pointait, – ironiquement, lui a-t-il semblé -, dans sa direction.

S’il transportait une tronçonneuse, objecterez-vous, c’est qu’il avait prémédité son geste. Que nenni, monsieur le Président ! Mon client, comme beaucoup de gens, a peur des agressions. Mais pour un revolver, un permis est nécessaire, alors que le port de la tronçonneuse n’est soumis à aucune restriction légale.

Je réclame donc la relaxe pure et simple de mon infortuné client.

 

Le juge : le 30 mars dernier, armé d’une tronçonneuse, vous vous êtes rendu au Museum d’Histoire Naturelle, où avez tranché une défense au squelette de l’éléphant. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de ce geste insensé ?

Le prévenu : Monsieur le Président… Vous est-il arrivé de d’avoir des problèmes de… d’érection ?

Le juge : Dans ce tribunal, jeune homme, c’est moi, et moi seul qui pose les questions. Poursuivez.

Le prévenu : Parce que moi, de ce côté-là, c’est pas la joie. J’ai essayé des tas de médicaments mais ça n’a rien donné. Un jour, un pote m’a parlé de la corne de rhinocéros. C’est un truc chinois, infaillible. Voyez combien ils sont, les Chinois ! Bon, le problème, c’est que ça coûte bonbon et moi, je suis au RSA. Tant pis, j’ai décidé : j’en volerai une ! Mais le zoo de Vincennes est fermé et au Jardin de Plantes, y a pas de rhino. Alors je me suis souvenu du Museum d’Histoire Naturelle… Et puis une fois sur place, je me suis dit : qui c’est qu’en a une encore plus grosse que le rhinocéros ? Alors j’ai choisi l’éléphant !

 

 

 

 

Le cheval et le bœuf (fable)

March 30, 2013 Category :HUMEURS| NATURE Off

LE CHEVAL ET LE BOEUF (texte publié sur le site ventscontraires.net)

 

Un vieux cheval, une haridelle,

Broutait d’un pré l’herbe nouvelle

En jetant à la dérobée

Des coups d’œil au bœuf baraqué

Qui paissait à proximité.

 

“Pauvre animal, se disait-il,

Promis au couteau du boucher,

Moi, au moins je suis bien tranquille,

J’ai passé l’âge d’être mangé.”

 

Mais sans avoir compris comment,

Le canasson, c’est désolant,

Se retrouva chez Spanghero,

Débité en menus morceaux,

Dans des lasagnes éparpillé,

Certifié “viande de bœuf hachée”.

 

La morale de cette triste fable,

C’est qu’à moins d’être végétarien,

On ne peut plus se fier à rien

Au moment de passer à table.

 

 

ÂGE INGRAT

March 20, 2013 Category :HUMEURS Off

ÂGE INGRAT          (texte publié sur le site ventscontraires.net)

 

En 2011, j’ai fêté mes 60 ans. En fait, j’ai soigneusement évité de les fêter. Comme je possède encore la plupart de mes cheveux, une bonne partie de mes dents, et que je ne porte jamais de cravate, les gens me croient plus jeune que je ne suis et j’espérais entretenir l’illusion aussi longtemps que possible.

C’était compter sans Internet. Il n’est, depuis cet anniversaire, de jour où je ne reçoive une publicité pour durcir mon pénis, prolonger mon érection, ou, plus modestement, en obtenir une. De là le terme “sexagénaire”, sans doute ?

Pour le reste, on me suggère des bilans auditifs, des traitements à base de guano pour soulager mes articulations douloureuses, des produits miracle pour nettoyer mon dentier, et d’autres destinés à l’empêcher de dégringoler quand j’ouvre la bouche pour coasser : “Comment ?

Quoi ? ” car je deviens un peu dur d’oreille.

J’ai droit à des tests gratuits pour dépister mon cancer colorectal ou ma dégénérescence maculaire.

On m’invite à défigurer ma belle maison XVIIIème en y installant sans tarder un monte-escalier alimenté par des panneaux solaires. Heureusement, grâce à la garantie “senior” imaginée par ma compagnie d’assurances, l’invalidité va devenir un art de vivre.

La plus déprimante de ces publicité est sans doute celle qui me somme d’organiser mes funérailles. Quoi, maintenant ? Oui, maintenant. La Mort ne prévient pas, m’explique-t-on, et vos proches, trop occupés à piller votre bibliothèque (dans ma famille, on lit) ou à sonder vos comptes en banque, auront mieux à faire que de se préoccuper du choix d’un cercueil ou de celui d’une urne où conserver vos cendres. Ils vous seront même reconnaissants de leur avoir évité la corvée.

Que va-t-on me proposer lorsque j’aurai 70 ans ? J’ai hâte d’y être.

CHAGRIN (peau de)

October 20, 2012 Category :ACTU| HUMEURS Off

Dans le hit-parade des mots les plus fréquemment employés par les medias, CHAGRIN occupe désormais une place de choix.

Il ne s’agit pas de celui des Belges (ceux qui ont lu Hugo Claus apprécieront) encore moins de celui des Syriens face à ce qui reste de leur pays.

Non, il s’agit de la fameuse peau de chagrin.

On l’emploie à toutes les sauces : « Le montant de pensions réduit comme peau de chagrin… La surface des terres agricoles réduit come peau de chagrin… Les glaciers, victimes du réchauffement climatique, réduisent comme peau de chagrin ». Celle-là, je l’ai entendue récemment au JT d’une chaîne publique.

Si Balzac touchait des royalties chaque fois que son titre est employé, ou plutôt galvaudé, il serait enfin millionnaire.

Posez la question autour de vous. Demandez donc pourquoi on dit : « Réduire comme peau de chagrin ». Vous n’allez pas être déçu.

Je vous donne quelques éléments de réponse :

La peau de chagrin n’a rien à voir avec votre belle-mère. Vous confondez avec peau de vache.

La peau de chagrin n’est pas celle de votre joue que vous pincez chaque matin, entre le pouce et l’index, pour en constater la perte d’élasticité.

Le chagrin n’est pas non plus un petit rongeur de la pampa dont la peau rétrécit quand on l’expose au soleil.

Ce n’est pas, enfin, un requin mangeur d’homme dont on tannerait le cuir. Là, vous confondez avec le galuchat. (« Dans la cour de l’école, des enfants vêtus de blouses grises  jouaient aux barres ou à galuchat perché. » – Alain Fournier, « le Grand Meaulnes ».)

Le chagrin est bien un cuir. Pas une liaison « mal-t-à propos », non, une véritable peau de chèvre, de veau, de mouton, ou d’âne, finement grenée. Sans doute selon un procédé inventé par les Turcs qui s’y connaissent en tannage, puisque le mot trouve son origine dans leur langue. « Sâgri »  nous a donné « chagrin ».

Lorsque Barbara (en général, les médias précisent : « La grande dame de la chanson française », comme il est convenu de dire « La plus belle avenue du monde » pour les Champs Elysées) chante : « Le ciel de Nantes rend mon cœur chagrin » elle use d’un adjectif en voie de disparition. Qui dit encore : « Je suis d’humeur chagrine » ? On préférera aujourd’hui : « J’ai carrément la tête dans le cul. ».

Quoi qu’il en soit, un cœur chagrin est bel et bien un organe qui s’atrophie…

MISSION

September 12, 2012 Category :HUMEURS Off

Ce matin, à la gare de Montigny sur Loing, je reste planté devant un panneau d’affichage.

Il est y question de trains, on s’en serait douté.

Les trains en question, appelés à ne pas circuler en raison de travaux sur la voie, portent des noms : POMU pour l’un POMA pour l’autre. Plutôt ridicule, mais en quatre lettres, on peut faire pire : CACA, PIPI, POPO, CUCU, PETA, etc…

Au-delà de ces moqueries faciles, la question qui me préoccupe est la suivante : existe-t-il, quelque part, un employé de la SNCF uniquement dévolu à cette tâche ? Je veux dire trouver des noms rigolos pour les trains ? Je l’imagine, le crayon à la main, essayant, raturant, se désolant lorsque l’inspiration lui fait défaut, se réjouissant quand ça sonne bien. Un poète, en somme. Mais peut-être est-ce un ordinateur qui pond sans états d’âme ces combinaisons de voyelles et de consonnes. Dans ce cas, nous n’échapperons ni à CACA, ni aux autres…

Une note de bas de page, de bas d’affiche plutôt, précise qu’il s’agit de « codes mission »

Code, je comprends. Mission, c’est moins clair.

En quoi le fait de rouler de Montargis à la gare de Lyon ou vice versa représente-t-il une mission ?

Dans mon esprit – et peut-être dans le vôtre- une mission est dangereuse par essence, voire impossible, à moins que Tom Cruise ne s’y colle.

« Mission accomplie, mon capitaine ! » assure le sympathique sous-officier anglais au visage poudré de cordite qui vient de placer, au péril de sa vie, des charges explosives sous le pont que vont emprunter les troupes ennemies. Une larme roule sur sa joue boucanée lorsqu’à la fin du film, la Reine en personne, et sur la pointe des pieds, épingle sur sa poitrine une médaille et le félicite pour son courage.

Le mécanicien de POMU, ou de POMA, annonce-t-il fièrement à ses supérieurs, après avoir conduit le train à bon port, « Mission accomplie, chef ! » C’est possible, en fin de compte. On ne sait pas tout.

Il est vrai que le parcours n’est pas anodin : la traversée de la forêt de Fontainebleau vous expose à croiser des bêtes sauvages, des brigands, des partouzeurs, des joggers, des chasseurs, des peaux-rouges sanguinaires…

Mais peut-être, en fin de compte, faut-il entendre « mission » dans le sens spirituel du terme ? La mission du mécanicien s’apparentant alors à celles des apôtres qui doivent mener leurs ouailles dans le droit chemin. Mais oui ! C’est ça ! Plus droit que le chemin de fer, c’est difficile à trouver. Splendide métaphore. Le mécanicien est notre berger, notre pasteur. Loué soit-il. Alléluia !

Petit conseil boursier.

February 24, 2012 Category :ACTU| HUMEURS Off

Je ne sais pas si ça vous a frappé, mais l’accent circonflexe est en train de devenir à l’orthographe ce que les herbes de Provence sont à la cuisine : on en fourre partout.

Ainsi la deuxième personne du pluriel du verbe « faire » est désormais affligée d’un circonflexe dans 80% des cas, par analogie, sans doute, avec le faîte du toit ?

Lequel toit s’en est chopé un, lui aussi. Dans l’esprit du fauteur, toît est sans doute plus crédible que toit qui conviendrait éventuellement à un toit plat, certainement pas à un « toît » à double pente, tel qu’on en voit sur tous les pavillons de l’hexagone.

Ce fameux accent circonflexe représente une consonne ancienne : ainsi le « s » dans « feste », ou dans « mast » devenus fête et mât. La consonne est passée à la trappe mais, telle l’âme des disparus, son esprit survit sous la forme de ce petit oiseau piqué en vol stationnaire au dessus de la voyelle. C’est très poétique, mais ce n’est pas un raison pour en mettre à tour de bras.

On notera, a contrario, que l’huître perd souvent le sien, de circonflexe. Il vient pourtant lui aussi d’un orthographe ancienne : uistre. Qui n’a rien à voir avec les cuistre dont on dit volontiers qu’il a une face d’huître.

Si les dégâts sont limités, s’agissant de « faîtes » ou de « toît » la confusion entre cote et côte, désormais fréquente, peut être carrément dangereuse. Demandez donc : « Un ballon de cotes ! » chez le bougnat du coin, pour voir. Qu’est-ce qu’on va vous servir ? Les derniers chiffres du Cac 40 dans un petit verre ?

De même, si votre installateur de survitrages vous déclare « Monsieur, vos côtes sont fausses » allez-vous vous indigner en l’assurant que jamais vous n’avez subi de chirurgie esthétique ou réparatrice ? Je viens de lire, dans le très respectable Figaro, un article intitulé : “La côte de François Hollande en chute libre” ! Putain ! C’est Valentin le Désossé !

On remarque également que peu de gens font la différence entre tâche et tache. C’est regrettable. Si je dis : “Pauvre tache, tu ferais mieux d’accomplir ta tâche !” serais-je    compris ?

De retour d’un séjour en Croatie, il y a quelques années de cela, j’avais été frappé de constater à quelle point la langue croate est pauvre en voyelles. Je citerai, par exemple, l’île (avec circonflexe) de Krk ou le massif de Krs.

Ému, j’avais alors proposé à tous mes amis écrivains d’envoyer en Croatie leurs voyelles excédentaires. Ça ne leur aurait pas coûté grand chose, mais je n’ai pas été entendu et je le déplore.

Aujourd’hui, en ces temps de crise, l’heure n’est plus à la charité mais à la débrouille et à la spéculation. C’est pourquoi je vous dis : «  Suivez mon conseil, tant qu’il est encore gratuit ! Achetez massivement de l’accent circonflexe, les cours vont encore grimper ! »

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