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Metavers

September 3, 2022 Category :NATURE Off

Le paradis, en fin de compte, est-il autre chose qu’un métavers? On pouvait même s’y procurer une place de choix en versant sa dîme au clergé (ce qui a suscité, entre autres, l’ire de Luther). Qui dit mieux ?

Buttes Chaumont

September 3, 2022 Category :NATURE Off

Les Buttes Chaumont, asile à ciel ouvert,

(Pour reprendre la formulation de Maurice Attia). On y croise ce grand type qui se balade torse nu, un magnifique ara sur l’épaule, des couples gays qui s’affichent exagérément, des culturistes fous de leur corps, des joggers obsessionnels et lourdement tatoués, des gens qui parlent tout seuls, des fous de Dieu qui prêchent la bonne parole.

Le poids des mots

August 19, 2022 Category :NATURE Off

Je lis dans la presse que le footballeur Benjamin Mendy risque la prison à perpétuité pour une série de viols. Au même moment, l’archevêque Marc Ouellet est accusé « d’agression sexuelle ».

À la lecture du premier article, on est horrifié, accablé. À la lecture du second, j’ai pouffé. On ne nous précise pas si l’archevêque a eu une petite érection dans le dos de F. C’est probable. F. n’en parle pas ; elle a dû penser, dans sa candeur, et pour paraphraser Mae West, qu’il s’agissait de son stylo-plume…

Article 1

“Mon corps était si tendu, j’avais très mal.” Le jury au procès de Benjamin Mendy au Royaume-Uni a entendu jeudi 18 août le poignant témoignage d’une jeune femme, qui a affirmé avoir été violée plusieurs fois par l’international français malgré ses refus répétés.

Dans un enregistrement diffusé au procès à Chester, près de Liverpool, la jeune femme de 20 ans a raconté avoir rencontré Mendy et des amis dans un bar à proximité de la maison du footballeur, en octobre 2020, et avoir accepté de s’y rendre ensuite. Sur place, alors qu’elle consultait son téléphone, le joueur de Manchester City s’en est emparé, l’accusant d’avoir pris des photos de lui, selon elle.

Elle l’a alors poursuivi dans la maison, jusqu’à sa chambre dont l’ouverture se déclenchait par empreinte digitale. La porte s’est refermée derrière eux. “Écoute, je veux mon téléphone, je ne sais pas à quoi tu penses. Je ne veux pas faire l’amour avec toi”, s’est-elle rappelé avoir dit. La réponse du joueur, selon elle : “De toutes façons, la porte est fermée à clé”.

De même source, Benjamin Mendy l’a ensuite forcée à se déshabiller et l’a violée trois fois en une vingtaine de minutes, malgré ses refus répétés : “Je ne veux pas faire ça (…) il faut que je parte.” Elle a raconté avoir saigné après ces rapports contraints. Elle a assuré que le footballeur, après les viols, l’avait traitée de “timide”, s’était vanté d’avoir eu des rapports avec “10 000 femmes” et avait essayé d’obtenir son silence en échange d’un retour les jours suivants. “Comme si cela avait été un privilège de venir tous les soirs faire ça avec lui.”

Article 2

Une personne, désignée par l’initiale “F.”, raconte avoir été victime d’attouchements inappropriés par Marc Ouellet, à l’époque archevêque de Québec, entre 2008 et 2010, lorsqu’elle était stagiaire. Elle affirme qu’en 2008, le cardinal lui a à plusieurs reprises massé les épaules “avec force”, caressé le dos tout en la retenant “fermement contre lui”, et que le cardinal s’est rapproché d’elle alors qu’elle tentait de l’éviter, lui donnant “l’impression d’être pourchassée”.

En 2010, elle explique recroiser la route de Marc Ouellet. Dans un document judiciaire, elle déclare que le cardinal décide de “l’embrasser à nouveau” et de dire qu’“il n’y a pas de mal à se gâter un peu”. L’homme a ensuite “glissé sa main” le long de son dos “jusqu’à ses fesses”, d’après le témoignage de F.

L’été à Paris

July 30, 2022 Category :NATURE Off

Un homme heureux.

Mon coiffeur est un homme heureux. Il ne coiffe pas, il est le patron du salon de coiffure, ça lui suffit. C’est un assez bel homme d’une cinquantaine d’années. Depuis peu il s’est laissé pousser une barbe poivre et sel qui donne à son visage mince une touche de gravité bienvenue. De loin, il pourrait presque passer pour un intellectuel. Son seul et unique travail consiste à répondre au téléphone, à noter les rendez-vous au crayon dans un grand carnet, à encaisser les clients. Et encore pas toujours. Le reste du temps, il arpente inutilement le salon, se sert des cafés dans le coin cuisine (c’est un salon de coiffure branché) se déhanche en rythme au son de la musique diffusée en permanence. Il échange avec ses employées des blagues un peu salaces. Parfois, une discussion s’engage sur un sujet sérieux. Son ignorance est abyssale, ses opinions en sont le reflet. Il est tout de même assez malin pour ne pas s’opposer frontalement à ses clientes couronnées de papier alu. Comme il est fumeur, il sort souvent en griller une sur le trottoir d’en face. De là, il contemple sa propriété avec un sourire serein. La journée achevée, j’imagine qu’il s’affale devant la télé avec la satisfaction de l’avoir bien remplie, sa journée. Un homme heureux, je vous dis.

Le mendiant.

Il vient tous les jours installer son pliant devant la boulangerie. L’hiver, il porte un bonnet fourré et dispose sur ses jambes une couverture molletonnée. Une fois assis, il tend la main. La gauche. L’autre est occupée par son téléphone ou par sa cigarette. Il salue gravement, en hochant sa grosse tête, tous les clients de la boulangerie. Il a un physique de majordome, mélange de veulerie et de componction. À 12h30 précises, il quitte son poste et s’en va. Où ? C’est un mystère. Je le soupçonne d’avoir un boulot quelque part ou d’aller mendier ailleurs.

Cet été, il a disparu. De deux choses l’une : soit il est mort, soit il est parti en vacances.

Le 2 septembre, il était de retour !! Bronzé, reposé, avec un short propre. Cet homme est une énigme.

#balancetonmaitre

January 29, 2021 Category :NATURE Off

En révélant, dans un récit poignant et détaillé, les pratiques révoltantes auxquelles se livrait son maître, M. Seguin, la courageuse chèvre Blanchette a ouvert les vannes à un déferlement de confessions et de témoignages sur les réseaux sociaux (#balancetonmaitre).

Des centaines d’animaux domestiques, restés trop longtemps silencieux, osent enfin dénoncer les abus dont ils ont été victimes. Les témoignages sont accablants, souvent insoutenables. Tel celui de Marcel (son nom a été modifié) un porc, violé régulièrement par son maître et le fils de ce dernier, qui n’ont pourtant pas hésité à l’amputer d’un jambon en prévision du repas de Noël ! Ou encore celui de Juliette (son nom a été modifié) une brebis non seulement abusée pendant la transhumance mais tondue par la suite.

L’association L214 s’est d’ores et déjà portée partie civile dans plusieurs affaires, notamment celle des canards d’un élevage de Mont-de-Marsan régulièrement contraints de pratiquer des fellations à leur propriétaire.

“En brisant l’omerta, en dynamitant les tabous, la libération de leur parole va faire progresser notre société”, a déclaré maître Pinson-Colin, avocate spécialisée dans la défense des droits des  animaux.

Qui a la plus grosse ?

January 13, 2020 Category :ACTU Off

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Thanksgiving, c’est quoi ?

November 26, 2018 Category :N'IMPORTE QUOI| NATURE Off

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Insoumis/ses

August 15, 2018 Category :ACTU| HUMEURS Off

Il y a des députés “insoumis”. Parité oblige, il y également des “insoumises”. Il est plaisant d’apprendre que sous le Second Empire, on appelait insoumises les demi-mondaines, ces courtisanes haut de gamme si joliment épinglées par Zola. Pourquoi “insoumises” ? Parce que ne s’avouant pas prostituées, elles échappaient à l’encartage et à la visite médicale obligatoire.

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Ces gares où l’on s’égare

August 13, 2018 Category :N'IMPORTE QUOI Off

Peu de gens le savent, mais l’entretien et la gestion des premières gares du chemin de fer avaient été confiés à divers ordres monastiques.

Les noms de certaines gares en attestent : Limoges-Bénédictins, Saint Charles à Marseille, St Jean à Bordeaux, Saint Lazare à Paris, pour ne citer que les plus célèbres.

Pourquoi des moines demanderez-vous ? Parce que ce sont des gens qui ne badinent pas avec l’horaire. Avec les laudes partaient les premiers trains, les derniers arrivaient à quai pour complies.

Et puis les moines n’ont jamais boudé les travaux physiques: atteler et dételer les wagons, les nettoyer, ne les rebutait point. La fumée des locomotives leur rappelait celle de l’encens et n’a-t-on pas écrit que les gares étaient à l’époque moderne ce que les cathédrales furent au Moyen Âge ?

Tels leurs frères du Grand Saint Bernard, les moines étaient toujours prêts à secourir le voyageur égaré et leur chasteté rassurait les femmes amenées à se déplacer avec ce nouveau mode de transport.

La frugalité des moines a durablement influencé l’ambiance et la carte des buffets de gare. Avec la nationalisation des chemins de fer, évidemment, tout a changé. Il n’était plus question de laisser les gares aux mains du clergé et le syndicalisme qui montait en puissance s’accordait mal avec les valeurs monacales. La casquette a remplacé la tonsure, le sifflet le goupillon, le drapeau rouge le crucifix.

Et les bons pères sont retournés sans bruit dans leurs couvents.

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HODLER

June 23, 2018 Category :HUMEURS Off

Ferdinand Hodler

Je me demande si les non-Suisses connaissent Hodler ? Valloton a été exposé au Grand Palais, (au motif qu’il avait acquis la nationalité française ?) Hodler n’a pas eu droit de cité à Paris. Du moins pas à ma connaissance.

La question à son importance : demi-suisse, je connaissais de Hodler, depuis l’enfance, ces reîtres musculeux et barbus, ces bûcheron puissants, ce Guillaume Tell impérissable autant que fantasmé. J’avais donc rangé Hodler dans la catégorie des peintres de genre, tendance patriotique, donc doublement exécrable. Jusqu’au jour où, il y a bien des années j’ai découvert au musée des Beaux Arts de Bâle un paysage de montagne d’une simplicité et d’une audace confondantes peint par Hodler vers 1914. De ce jour mon regard sur lui a changé. Pour le dire simplement : total respect.

Paysages, portraits, figures historiques et compositions plus ou moins symboliques, l’exposition du musée Rath de Genève ratisse large et nous démontre que Hodler était un sacré bosseur et un immense artiste. De ses œuvres symboliques, je n’ai pas grand chose à dire, elles sont aussi ridicules que celles de Kupka précédemment étrillé sur ce blog. Une mention spéciale pour le jeune garçon nu de profil dont on n’arrive pas à déterminer si la tache claire en haut de la cuisse est un bout de pénis ou, juste, une tache claire. Pour les filles, de face, le peintre a moins de scrupules. À l’instar de Kupka, je crois que s’il peignait la même chose de nos jours il aurait droit à un “# balance ton pédophile”, ce qu’il n’était probablement  pas.

Voici des gens endormis sur le sol : un homme barbu semble en proie à un cauchemar matérialisé par une sorte de fantôme noir sur sa poitrine tandis qu’à sa droite une femme et un homme dorment, enlacés. La femme, nue, nous tourne le dos. Elle est admirable et admirablement peinte. Je n’ai pas la moindre idée de ce que peut signifier cette composition et je m’en tape. Mais ce corps de femme est à lui seul la preuve que nous avons affaire à un très grand peintre. Et à un immense dessinateur dont témoignent les mains et les pieds jamais bâclés (contrairement à tant d’autres) toujours justes dans leurs proportions comme dans leur pose. Cette facilité à dessiner les corps, Hodler en abuse dans ses peintures historiques, mais quand même je n’aime pas ça, je reconnais qu’on en prend plein les yeux. Il m’a fait penser à un autre artiste suisse Hans Erni, grosse vedette dans les années 1960-70 que son incroyable facilité à dessiner les corps et les chevaux a conduit à sa perte (de mon point de vue).

Beaucoup d’autoportraits : les premiers fort classiques et très vivants, les derniers d’une impressionnante liberté de trait.

Et enfin les paysages… Quiconque a tenté de peindre la montagne sait à quel point l’exercice est périlleux : impressionné par les volumes et les ambiances, on a toujours tendance à en faire trop, on s’égare facilement, on s’empâte. Hodler, lui, s’en sort à l’économie, à l’issue de ce que j’imagine, peut-être à tort, à une longue méditation devant le paysage. Il faut re-situer cette peinture dans son époque (14-18 en gros) pour en apprécier l’audace, les coloris francs, les nuages enfantins, le graphisme délié. Hodler est en somme le champion absolu d’une sorte de triathlon pictural.

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