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Tant qu’on a la santé…

Visiteurs surprise

Un triste matin d’octobre, on a sonné à ma porte. Ils étaient deux, gantés de cuir noir. Visages et blousons fermés sous le menton. Le premier a lancé son poing en direction de mon visage tandis que le second se débrouillait pour faucher mes deux jambes d’un seul coup, magistral. Une fois au sol, ils m’ont méthodiquement bourré de coups de pied et de matraque, visant la poitrine et  les reins. Leur tâche accomplie, ils sont repartis sans un mot. J’avais un mal de chien, je tenais à peine debout. J’avais dû prendre, sur la gueule, un pain sévère : mon œil droit était à moitié clos, ma diction imprécise. Je me suis traîné jusqu’à mon lit. J’y suis resté allongé plus d’une semaine avant de récupérer assez de forces pour tenter quelques pas hésitants. Ils ne m’avaient pas raté, les salauds !

J’ai fini par apprendre leurs noms : Guillain et Barré. Ils ne perdent rien pour attendre, ces deux-là !

 

La métamorphose.

Si après des rêves agités, vous vous réveillez un matin saisi d’une impression aussi indéfinissable que désagréable,

Si votre dos vous paraît dur comme un carapace, votre abdomen enflé,

Si vous jambes s’agitent inutilement,

Si des fluides suintent de votre œil et de la commissure de vos lèvres,

Si vous tentez de vous exprimer et que l’on ne vous comprend pas,

Si votre famille, devant le spectacle que vous offrez, hésite entre commisération et dégoût,

Non, vous ne vous êtes pas métamorphosé en insecte à l’instar de Gregor Samsa, vous êtes simplement victime d’un Guillain-Barré !